Dimanche 8 mars 2026 à 16h15

Cycle : Quand l’Histoire devient cinéma 

Séance suivie d’une analyse de séquences par Olivier Ronat, animateur et passeur cinéphile.

Olivier Ronat est un élève de Jean Douchet. Il est animateur dans les salles art et essai ainsi que dans les cercles cinéphiles.

En partenariat avec l’ADRC

BARRY LYNDON de Stanley Kubrick

6 prix internationaux en 1975

Version restaurée, Grande-Bretagne, U.S.A., 1975, 3h07, drame, romance, VOstf anglais

Avec Ryan O’Neal, Marisa Berenson, Patrick Macnee, Hardy Krüger, Steven Berkoff, Lisa Gay Hamilton.

Chassé de son Irlande natale après une série d’exactions et d’inconvenances, Redmond Barry s’engage dans l’armée britannique et combat les Prussiens. Le métier des armes lui devient vite insupportable et il déserte. Capturé par l’ennemi, le jeune homme, ambitieux mais naïf, ne doit sa survie qu’à son empressement à servir ses nouveaux maîtres. La guerre finie, Redmond devient espion, puis joueur professionnel. Il fréquente la haute société, dont il apprend les usages et les bonnes manières. Ce talent lui permet de conquérir le cœur d’une jeune veuve, la comtesse de Lyndon, dont le fils, lord Bullingdon, lui voue bientôt la plus vive animosité…

Tarifs habituels

Cycle : Quand l’Histoire devient cinéma

Après le cycle des treize films de Marcel Pagnol, nous poursuivons la même question, mais en la déplaçant : non plus seulement l’homme dans son village et dans sa parole, mais l’homme dans l’Histoire, dans le décor qui l’écrase et le fabrique — palais, armées, empires. C’est toujours, au fond, la même chose : comment le cinéma transforme le réel en récit, et le récit en spectacle, c’est-à-dire en pensée.

Trois films, trois régimes de mise en scène.

Après Si Versailles m’était conté… de Guitry, Kubrick semble vouloir, à l’inverse du film précédent, effacer le récit derrière la matière : Kubrick filme le XVIIIᵉ siècle comme un tableau qui respire, avec une précision presque cruelle, et cette beauté glacée devient la morale même du film — l’ascension et la chute y sont inscrites dans la lumière, dans la distance, dans le cadre.

Suivra Le Napoléon de  Gance :  c’est le cinéma qui se rêve plus grand que lui-même, qui invente ses propres muscles, qui accélère, déborde, multiplie l’écran pour que l’épopée ne soit pas seulement racontée, mais physiquement ressentie.

Du mot à la peinture, de la peinture à la tempête : trois manières d’attraper l’Histoire — et, surtout, trois manières de nous regarder, nous, spectateurs, face à ce qui nous fascine dans la grandeur : sa splendeur, sa violence et son illusion.