Dimanche 2 février 2025 à 16h
Cycle : Quand l’Histoire devient cinéma
Séance suivie d’une analyse de séquences par Olivier Ronat, animateur et passeur cinéphile.
Olivier Ronat est un élève de Jean Douchet. Il est animateur dans les salles art et essai ainsi que dans les cercles cinéphiles.
En partenariat avec l’ADRC
SI VERSAILLES N’ÉTAIT CONTÉ… de Sacha Guitry
Avec Michel Auclair, Jean-Pierre Aumont, Jean-Louis Barrault, Jeanne Boitel, Gilbert Bokanowski, Bourvil
France, Italie, 1954, 2h45, comédie, historique
Si Versailles m’était conté relate l’histoire du château de Versailles vue par Sacha Guitry, au travers de quelques épisodes et portraits des personnages historiques qui y ont vécu. Ces personnages sont interprétés par les plus grands acteurs des années 1950.
Tarifs habituels
Cycle : Quand l’Histoire devient cinéma
Après le cycle des treize films de Marcel Pagnol, nous poursuivons la même question, mais en la déplaçant : non plus seulement l’homme dans son village et dans sa parole, mais l’homme dans l’Histoire, dans le décor qui l’écrase et le fabrique — palais, armées, empires. C’est toujours, au fond, la même chose : comment le cinéma transforme le réel en récit, et le récit en spectacle, c’est-à-dire en pensée.
Trois films, trois régimes de mise en scène.
Avec Si Versailles m’était conté…, Guitry ne « reconstitue » pas : il raconte. Il fait de l’Histoire une conversation brillante, une suite d’apparitions, un théâtre d’anecdotes où la légèreté est une méthode et où le verbe de la mise en scène commande l’image.
À l’inverse, Barry Lyndon semble vouloir effacer le récit derrière la matière : Kubrick filme le XVIIIᵉ siècle comme un tableau qui respire, avec une précision presque cruelle, et cette beauté glacée devient la morale même du film — l’ascension et la chute y sont inscrites dans la lumière, dans la distance, dans le cadre.
Et puis Gance : Napoléon, c’est le cinéma qui se rêve plus grand que lui-même, qui invente ses propres muscles, qui accélère, déborde, multiplie l’écran pour que l’épopée ne soit pas seulement racontée, mais physiquement ressentie.
Du mot à la peinture, de la peinture à la tempête : trois manières d’attraper l’Histoire — et, surtout, trois manières de nous regarder, nous, spectateurs, face à ce qui nous fascine dans la grandeur : sa splendeur, sa violence et son illusion.